mercredi, 25 mai 2016 14:37

Bossuet (1627-1704)

Écrit par

Aimé Richardt
Bossuet (1627-1704)
Conscience de l’Eglise de France
Paris, François-Xavier de Guibert 2014,
364 p.

Dans la préface de cette biographie détaillée de Bossuet, Mgr Minnerath écrit : « Nous pouvons lire Bossuet comme un suprême témoin de son temps… à jamais révolu ». Oui, ce temps, le XVIIe siècle, siècle de Louis XIV, est bien révolu. C’est aussi celui d’une Eglise - l’Eglise de France - qui, bien que catholique, risquait fort d’épouser les traits d’une Eglise « nationale », où le roi exercerait des droits d’organisation refusés au pape. Gallicans contre ultramontains. 
On comprend alors que l’unité du Royaume exigeât l’unité de la religion, et donc le zèle mis par Bossuet à ramener à la sainte Eglise tel noble protestant, ou à s’activer avec ténacité à corriger ces dames de Port-Royal et les jansénistes récalcitrants. C’est dans ce contexte que se profile la figure de Bossuet, évêque proche de la Cour, entré dans l’histoire littéraire par la splendeur de ses sermons : panégyriques ou oraisons funèbres, Carêmes dans lesquels il ne craint pas de fustiger les moeurs dissolues de la Cour et du roi lui-même ; ou encore par son Histoire universelle, rédigée en sa qualité de précepteur du Dauphin, mou et paresseux, le futur Louis XV. 
La pensée politique de Bossuet est aussi classique que son style : le roi l’est de droit divin. N’est-ce pas dire que l’Eglise est tout entière au service du roi ? Et serait-ce pour lui rappeler qu’elle a, à son endroit, des devoirs, tant de blâme que de soutien ?  
Conscience de l’Eglise France, dit le soustitre de cet ouvrage hautement instructif et fort agréable à lire.

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