mercredi, 04 septembre 2013 13:35

Sayonara Gangsters

Écrit par

Genichiro Takahashi
Sayonara Gangsters
Paris, Books Editions 2013, 224 p.

Roman japonais surréaliste, où l’absurde et le lyrisme permettent une plongée, pleine de pudeur mais sans bouée, dans les eaux de l’amour, du sexe, de la naissance et de la mort, de la poésie et de la violence. Un livre fascinant, qui se lit tranquillement, pour bien mâcher les mots.

Avant sa lecture, je ne savais rien de Genichiro Takahashi. Pénétrer par surprise dans son univers s’est révélé jubilatoire. Aussitôt se sont actionnées les neurones de la mémoire, et c’est L’Ecume des jours de Boris Vian, lu il y a environ 30 ans, qui s’est interposé entre le professeur de poésie japonaise et moi : 1947, Colin, Chloé et le nénuphar ; 1982, Sayonar-gangsters (le narrateur poète), Livre-de Chansons (la femme), Petit Doigt-Vert (l’enfant) dont la mort est annoncée par la mairie un jour avant, Henri IV (le chat amateur de lait-vodka) et les quatre gangsters désireux d’apprendre la poésie ; 2013, la traduction française du roman. Tout y est original : le style, le vocabulaire, la forme avec ses croisements de textes et de dessins, et l’histoire. Mais quelle histoire ?

Au moment de sa parution, Sayonara Gyangutachi, premier livre de l’écrivain, a fait un tabac au Japon (lauréat du prix Gunzo), avant d’être traduit en portugais, en anglais et en italien. Un retournement saisissant, de l’ordre de la réparation : alors qu’il était étudiant, Takahashi a en effet passé un an et demi en prison pour des activités « radicales » ; cette expérience traumatisante lui a causé pendant plusieurs années des troubles de la lecture et de l’écriture...

Seul point qui me laisse dubitative, ce livre a été traduit de l’anglais et non directement du japonais.

Lucienne Bittar

(choisir, juillet-août 2013)

 

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