lundi, 02 septembre 2013 07:29

Comment en vient-on aux délocalisations et à la désindustrialisation en Suisse ?

Écrit par

Rohan Sant
Comment en vient-on aux délocalisations et à la désindustrialisation en Suisse ?
Lausanne, Favre 2012, 142 p.

Le sous-titre explicite parfaitement ce qui
est visé par le journaliste économique :
Quand la vente d’entreprises suisses à des
groupes étrangers rime avec démantèlement,
destruction d’emplois et perte de
savoir-faire. Alusuisse, Bally, Cardinal, Cas -
tolin, Saurer, Suchard… et jusqu’à Serono,
la liste est longue de ces entreprises suisses,
pionnières dans leur secteur, passées
sous le contrôle d’entreprises étrangères, et
dépecées.

Le danger ne vient pas tant du transfert de la
propriété juridique. Après tout, on ne compte
pas les entreprises suisses ayant acquis des
fleurons industriels à l’étranger, sans compter
les cerveaux bien formés dont témoigne
la liste impressionnante des prix Nobel dé -
cernés à des Suisses. Qui plus est, quel -
ques secteurs, biotechnologie, horlogerie…
nourrissent de belles promesses. La création
de nouveaux emplois dans les services
font plus que compenser la perte d’emplois
dans le secteur industriel.

Comme l’a bien vu Rohan Sant, le vrai danger
n’est pas non plus la plus grande difficulté
de maintenir une forte croissance de la
productivité lorsque le tissu industriel s’affaiblit
; c’est la perte de savoir-faire.

Le mérite de ces pages à la lecture facile est
d’avoir situé ces événements économiques
suisses dans le contexte global de la spécialisation
internationale du travail. Le journaliste
peint un tableau aux couleurs du
poker-menteur, où les pays les plus gros,
sans vergogne, trichent ; ce qui accroit
pour tous les risques économiques.

Etienne Perrot

(choisir, avril 2012)

 

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