jeudi, 21 mars 2013 15:49

La fusée de Shitamachi

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La fusée de Shitamachi
par Ikeido Jun
Paris, Books Editions 2012, 476 p.

Scénario original, intrigue claire, bien montée et palpitante, style alerte basé sur les dialogues, personnages variés et cohérents. Cette plongée dans le monde sans pitié des batailles technico-commerciales est un régal. Même pour une néophyte comme moi. Et que cette guerre se déroule sur sol japonais l’est encore plus.

A la lecture des premiers chapitres, l’univers trouble du Stupeur et tremblements d’Amélie Nothomb remonte à mes souvenirs. Mais mes préjugés sur la culture japonaise, qui me tiennent lieu de connaissances, en prennent rapidement pour leur grade, car ici, c’est un Japonais qui écrit. Auteur à succès au Japon, Ikeido Jun voit pour la première fois un de ses livres traduit en langue étrangère (Patrick Honnoré, pour le français). Le prix Naoki 2011 (pour jeunes auteurs prometteurs) récompense ce roman.

L’auteur réussit à tenir son lecteur en haleine, en l’embarquant, sans qu’il ne se perde, sur les chemins des moteurs à hydrogène et fusées aérospatiales, des plans financiers et rachats d’entreprises, des brevets et licences d’exploitations, des luttes juridiques et procès en contrefaçon, des rapports hiérarchiques nippons...

Didactique et amusant tout à la fois, le roman raconte le combat de Tsukuda Kôhei, brillant ingénieur, patron d’une PME fabriquant des moteurs compacts, et de son équipe contre des multinationales désireuses de le rayer du marché ou de l’avaler. Un David passionné, idéaliste, inventif, contre des Goliath manipulateurs, sans scrupules, avides de pouvoir et d’argent. Et pour une fois les petits gagnent : pas très réaliste peut-être, mais bon pour le moral. De quoi se souvenir aussi qu’il fut une époque où les PME étaient respectées dans les pays occidentaux, car à l’origine de la recherche et du développement économique.

(choisir, décembre 2012)

 

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