jeudi, 31 mai 2012 05:04

Vous avez fait de moi un évêque heureux

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Vous avez fait de moi un évêque heureux 
Entretiens avec Eric Boone et Marc Taillebois 
par Albert Rouet 
Paris, l'Atelier 2011, 176 p.

Ce livre n'est ni un bilan ni un recueil d'anecdotes, mais plutôt le récit d'un cheminement qui commence fin 1993, lors de l'arrivée d'Albert Rouet comme évêque à Poitiers. Qu'est-ce que la tâche d'un évêque selon lui ? « Essayer, relire, évaluer et essayer encore, en fidélité à l'Evangile, en lien avec tant d'hommes et de femmes engagés à la suite du Christ. » Puisant la confiance en son ministère dans le Christ luimême, Mgr Rouet fonde son action sur une phrase qu'il répète souvent : « Il n'y a pas de chrétien stérile ! »

Pour lui, l'Eglise est attendue aujourd'hui principalement dans deux domaines : la défense des petits et le champ de la culture. Dans son diocèse, il a développé l'idée missionnaire des « communautés locales qui s'organisent selon les grandes fonctions nécessaires à l'existence d'une communauté chrétienne et […] participent au projet pastoral du secteur ».

L'origine de cette idée vient des communautés de base qu'il a côtoyées en Afrique. Mais elle fait peur à une partie de l'Eglise qui voudrait que le presbytérat soit le point culminant des ministères, comme avant Vatican II. Le concept désécurise car il in duit que les paroisses ne sont que des lieux provisoires et qu'elles peuvent naître à des endroits imprévisibles.

Répondant au questionnement de ses deux interlocuteurs, Mgr Rouet prend position sur le sens de la charge de gouvernement confiée aux évêques et sur le sens des ministères. Il voit la crise des vocations sacerdotales comme une chance pour les prêtres restants de se centrer sur l'essentiel : la relation. Se penchant sur les divers ministères dans l'Eglise, il expose leur nécessaire articulation entre eux et avec celui d'évêque. Dans un chapitre sur les relations entre l'Eglise et la société, Mgr Rouet aborde les groupes de réflexions dont il s'est entouré et qui servent, selon ses dires, à « pallier son incompétence ». Puis il se positionne par rapport à la parole de l'Eglise dans les questions de société. Il s'exprime encore sur le catéchuménat et la première annonce de la foi, sur l'oecuménisme et le dialogue in - terreligieux. Un des derniers chapitres de l'ouvrage resitue la place des évêques à la tête des Eglises particulières, tout en étant dans la communion universelle de toute l'Eglise.

Le dernier mot de ces entretiens, « Continuez », résonne comme un appel et un envoi.

(choisir, avril 2012)

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