vendredi, 27 mars 2009 10:49

Ethique, gestion de patrimoine et gouvernement d'entreprise

Écrit par

Ethique, gestion de patrimoine et gouvernement d'entreprise
sous la direction de Jacques Pasquier
Dorthe
, Donato Barbouscia, Sophie Gay et Flavia Giorgetti
Editions universitaires de Fribourg Suisse 2001, 250 p.

Exigence de toujours, l'éthique, tant des placements que du gouvernement d'entreprise, est aujourd'hui une nécessité qui contrebalance vaille que vaille le déficit de régulation juridique et politique. Deux colloques universitaires tenus durant l'année 2000, l'un dans le Tessin, l'autre à Fribourg, examinent ici quelques pratiques de banques, d'entreprises, et de fonds d'investissement. Enquêtes, examen de procédures, présentation de critères nourrissent les approches, tantôt institutionnelles, tantôt statistiques.

De toutes ces données rassemblées, le lecteur conserve l'impression d'une certaine «opérationalité», même s'il garde conscience que le capitalisme n'est pas soluble dans l'éthique. Les finalités sociétales de la Banque cantonale du Tessin, les enjeux sociaux et environnementaux de la notion d'investissements «durables» par Pictet Suisse/Delphi international Londres, le compromis entre sécurité, rendement, rapports sociaux et environnement dans la pratique des fonds Ethos, le jeu des procédures et des principes dans la régulation de quelques entreprises suisses, et bien d'autres aspects de la complexité politique des affaires, forment un tableau assez suggestif. D'où émerge l'idée que quelque chose se passe aux confins de la finance et de l'éthique.

On saura gré au professeur Pasquier-Dorthe, qui signe la présentation générale, de rappeler aux praticiens la modestie qui s'impose en pareil domaine. A la lumière des calculs présentés, la rentabilité des placements éthiques ne va pas de soi. Et c'est heureux ! (Le respect des autres vaut en tant que tel, quel qu'en soit les effets économiques attendus.)

Reste le risque de vouloir confier à des spécialistes la responsabilité éthique qui s'impose à chacun. Risque d'un nouveau cléricalisme où, sous prétexte d'éthique institutionnalisée, le choix des indicateurs, la pondération des critères et les implications morales des procédures ne seraient plus discutés.

(choisir, juin 2002)

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