mardi, 01 juillet 2014 13:57

La mer et la montagne

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C'est l'été. Larguons les amarres ! Deux revues jésuites , entre délices et dangers, nous entraînent l'une ne montagne [Choisir, Carouge/Genève, 655-656(07-08.2014) p. 9-34] et l'autre à la mer [Christus, Paris,  243(07.2014) p. 262-345]. 

La montagne incite à l'audace, au courage, à l'effort. La gravir est un rendez-vous avec la Vie. Dans la Bible comme dans le Coran, c'est le plus court chemin entre Dieu et les hommes, vers un pôle lumineux menant à la Vérité. Des hommes, dans leur profession, sont fascinés par elle, comme Mario Botta, pour qui l'architecture en montagne provoque la confrontation entre ciel et terre, loin des spéculations foncières. Après l'hostilité engendrée par la montagne jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, la haute montagne est devenue un attrait pour les peintres romantiques, les musiciens et les écrivains. Pourtant la montagne se vide de ses habitants permanents...

Quant à la mer, ellesculpte la terre, cisèle la création du plus profond à la surface. La Bible en est cernée depuis la création jusqu'à l'Apocalypse, en passant par les récits de tempêtes (Jonas, Jésus et Paul). Entre rêves du grand large et contemplation, entre pêche et marine marchande, elle appelle à la liberté, ouvre à la responsabilité et à la confiance.

Répondre à l'appel du large, à l'appel des sommets, c'est rejoindre l'inconnu à l'intérieur de nous-mêmes et marcher vers la liberté. La poésie nous y conduit, dans les sublimes méditations de Gilles Baudry o.s.b. (carnet d'un homme de la côte). "L'écriture marine, les pleins et les déliés de ses rouleaux, la fulgurance ou le chuchotement du monde en ses métamorphoses... Mais si la ligne d'horizon enseigne à se perdre de vue, je reste l'homme de la côte, l'homme distendu entre fini et infini."